Accouplements de diptères

Les accouplements de diptères, ordre d’insectes comprenant les mouches, tipules, syrphes… peuvent avoir lieu dos à dos ou par chevauchement, posés ou en vol. Retrouvez ci-dessous quelques exemples de cette étonnante diversité.
Pour des informations plus complètes et détaillées, vous pouvez consultez ces très bonnes pages sur la reproduction des insectes.

Diptères

La copulation des tipules, inoffensifs cousins des moustiques, a lieu dans la posture peu commode ci-contre. Notez les “balanciers”, bien visibles chez ces deux espèces de tipules, qui remplacent les ailes postérieures dans l’ordre des diptères.

On montre ici une troisième espèce du genre tipule : la tipule géante (tipula maxima). Si les femelles ci-dessus, plus grosses que les mâles, mesurent moins d’1cm pour celle de droite et moins de 2cm pour celle de gauche, les tipules ci-contre atteignent 3cm.

Avec une telle taille, il est plus aisé de distinguer les détails de l’emboîtement des abdomens. Celui de la femelle (ci-dessus à droite) présente à son extrémité une sorte de pince, habituellement fermée. Elle est ici visible en position ouverte car la vue est prise immédiatement après l’accouplement.

Autre genre de la famille des tipulidés, les néphrotomes se distinguent, pour plusieurs espèces courantes, par 3 bandes noires bien nettes sur leur dos.Fréquemment, ils se déplacent pendant l’accouplement, chaque partenaire assurant sa part du vol. Le couple avance avec les deux corps presque à l’horizontale prenant l’allure d’un petit hélicoptère à deux hélices.

Pas de généralité concernant l’accouplement chez les diptères: pour ces mouches, on retrouve un chevauchement plus habituel. Normalement, la femelle ne s’accouple qu’une fois et stocke le sperme du mâle pour plusieurs pontes.

La famille des empididés regroupe des diptères prédateurs d’autres diptères. Les mâles pratiquent le “don nuptial” en vue d’attirer les femelles. Si le cadeau convient à la femelle, l’accouplement peut avoir lieu dans une position originale. Ces empis sont méfiants et les couples ne se laissent pas approcher aisément. Ils n’interrompent pas la copulation mais seul le mâle assure alors le vol. Chargé de la femelle et d’un don nuptial volumineux, sa vivacité et sa rapidité sont fortement amoindries.

Ces toutes petites mouches sont probablement des drosophiles, c’est-à-dire une espèce appartenant au genre des mouches du vinaigre rendues célèbres par la recherche génétique en raison de la grande taille de leurs chromosomes et de leur facilité d’élevage.

L’appareil sexuel du mâle de la mouche à damier (Sarcophaga carnaria), noir luisant à l’extrémité de l’abdomen est clairement visible sur ces images. Cet organe est appelé “phallosome”; il contient l’édéage et permet de distinguer diverses espèces de mouches voisines.

La scatophage du fumier est une mouche velue, présentant un net dimorphisme sexuel, dont l’accouplement a lieu sur les bouses de vaches fraîchement émises et encore chaudes. Les oeufs sont pondus dans cette matière et les asticots, carnivores comme leurs parents, s’y développent en se nourrissant des larves d’autres insectes coprophages.

Ces gracieuses petites mouches à la cambrure si délicate sont de la famille des conopidés et probablement du genre myopa. Leurs larves parasiteraient des hyménoptères tandis que les adultes se nourriraient de nectar.

Autres gracieux conopidés, les sicus ferrugineux sont également des parasitoïdes dont les larves vivent aux dépens d’hyménoptères et en particulier des bourdons sur lesquels les femelles pondraient leurs oeufs en vol. Leur abdomen reste fortement courbé en permanence, il ne s’agit pas d’une posture particulière prise pour l’accouplement.

Si leur aspect extérieur peut vaguement rappeler les abeilles ou les guêpes, les syrphes, ici l’espèce porte-plume, sont d’inoffensifs diptères. Il suffit pour s’en convaincre de noter la présence des balancelles à l’arrière de leur seule paire d’ailes fonctionnelle. Le mâle est l’individu plus jaune avec l’abdomen courbé.

Les mouches de la Saint Marc (Bibio Marci), ainsi nommées parce qu’elles deviennent visibles vers le 25 avril, présentent un net dimorphisme sexuel. Le mâle est l’individu aux gros yeux poilus à droite sur les photos tandis que la femelle à gauche possède une tête plus fine.
Tous deux sont venus, un 10 avril, se poser accouplés sur mon vêtement, m’obligeant à quelques contorsions pour les photos, et l’ont quitté toujours en pleine copulation.

Ces volucella inflata de toute beauté me sont passées sous le nez accouplées en vol avant de se poser sur un tronc. Il s’agit de gros diptères de 12 à 15mm de la familles des syrphes se rencontrant de mai à juillet.


Chez volucella inflata, le mâle, plus petit avec des yeux qui se touchent, couvre la femelle aux yeux largement espacés. Tous deux affichent des couleurs vives et ailes finement décorées.

Malgré leurs faux airs d’abeilles, ces insectes en accouplement sont clairement des diptères et plus préciséement des syrphidés mais lesquels ?…