Accouplements de coléoptères

 

Coléoptères

Les coléoptères sont l’ordre d’insectes le plus facile à observer et à photographier. Ils se postent souvent bien en évidence et ne sont généralement pas farouches. Ils ne semblent pas faire preuve de beaucoup d’originalité dans leurs postures. Les organes sexuels sont situés au bout de l’abdomen et pour toutes les espèces que j’ai pu photographier, ou seulement entrevoir, le mâle s’agrippe sur le dos de la femelle pour la féconder.

telephores_fauves3
téléphores fauves
Si les coléoptères sont caractérisés par des élytres rigides, certains ont en revanche un abdomen souple qui permet aux mâles d’atteindre les organes reproducteurs des femelles depuis leur position sur le dos de celles-ci. Cette souplesse est nettement visible sur ces vues de cantharides communes, téléphores fauves ou criocères du lis. telephore_fauve
téléphores fauves
Cantharides communes et téléphores fauves sont deux représentants de la famille des cantharidés. Ils apparaissent en nombre et la reproduction est alors leur but principal. Si vous assistez à un premier accouplement, vous avez toutes les chances d’en observer rapidement plusieurs autres ! telephores_fauves telephores_fauves_multitéléphores fauves : accouplements multiples
cantharides2cantharides communes sur une fleur de céphalanthère telephores_fauves2téléphores fauves cantharides3cantharides communes
cantharides1
cantharides communes
Il n’est pas toujours facile pour le mâle de se maintenir sur la femelle et certaines espèces disposent d’adaptations spéciales à cet effet. Ainsi les mâles des dytiques, gros coléoptères aquatiques, présentent-ils des ventouses au niveau des tarses antérieurs. Les cantharides ne sont pas munies de tels appendices et ne sont pas à l’abri de glissades ou autres accidents comme on le constate sur la photographie de droite. Heureusement pour elles, le lien copulatoire semble robuste et le mâle parvient à poursuivre l’insémination malgré sa position périlleuse. cantharides4
cantharides communes en position délicate
Comme son nom le laisse entendre, le criocère du lis est un phytophage se nourrissant de plantes de la famille des liliacées. Ses élytres présentent un étrange aspect cireux qui en font un insecte très photogénique. L’accouplement mobilise toute son attention et les individus de l’image de droite ne s’interrompent même pas malgré leur capture dans un tube d’observation en verre ! crioceres_lis2criocères du lis criocere_lis2
criocères du lis en tube d’observation
lepture_tachetee1
leptures tachetées
L’organe reproductif de l’insecte mâle par lequel est excrété le sperme pendant la copulation avec un insecte femelle est appelé “l’édéage”. Il est visible sur l’accouplement de ces leptures tachetées et leptures rouges : il s’agit du tube translucide blanchâtre à l’extrémité de l’abdomen du mâle qui le relie à l’extrémité de l’abdomen de la femelle en dessous de lui. lepture_rouge1
leptures rouges
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leptures tachetées
Entièrement déployé, il est plus long que sur les photos mais, hormis lors de la copulation, il reste enroulé à l’intérieur de l’abdomen. lepture_rouge2
leptures rouges
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chrysomèles du peuplier
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chrysomèles du peuplier
C’est probablement également l’édéage qui est visible sur l’accouplement des chrysomèles du peuplier ci-contre.
chrysomele_alpes1
chrysomèles
Chez la chrysomèle du peuplier, comme chez l’autre espèce de chrysomèle présentée ici ou chez le hanneton des jardins, on remarque que les mâles sont plutôt plus petits que les femelles. hanneton_jardins1
hannetons des jardins
Les coléoptères qui s’accouplent ici sont des gastrophyses vertes (Gastrophysa viridula) ou chrysomèles de l’oseille. Outre leur beau vert métallique, on notera l’abdomen hypertrophié de la femelle en période de reproduction. gastrophysa_viridula_01chrysomèles de l’oseille gastrophysa_viridula_04gastrophyses vertes
coccinelle_asiatique1coccinelles asiatiques coccinelle_asiatique4
Harmonia axyridis
Malgré l’aspect très différent des individus qui s’accouplent, les coccinelles photographiées ici appartiennent probablement à la même espèce : il doit s’agir de la “coccinelle asiatique” (Harmonia axyridis) introduite en France dans les années 80 pour la lutte contre les pucerons. Cette espèce est caractérisée par des couleurs et motifs très variables.
coccinelle_asiatique2
coccinelles asiatiques
L’accouplement se produit ici sous l’oeil (inquiet ou indifférent?) de nombreux pucerons, gage d’une nourriture abondante pour les futures larves. Notons au passage que le cycle de reproduction des pucerons (ordre des hémiptères) est assez particulier. Ceux-ci pratiquent en effet la parthénogénese pendant la plus grande partie de l’année et ne recourent à la reproduction sexuée qu’à l’automne pour donner des oeufs d’hiver résistant au froid. coccinelle_asiatique3
coccinelles asiatiques
La coccinelle à sept points (Coccinella septempunctata) est l’espèce normalement la plus abondante en France même si l’asiatique la concurrence fortement dans le Val d’Orge. Toujours rouge, on peut la reconnaître à ses points noirs mieux dessinés; mais c’est l’aspect et la couleur du pronotum (face dorsale noire et blanche du prothorax) qui permet de s’assurer de sa détermination. coccinelle_a_sept_points_01coccinelles à sept points coccinelle_a_sept_points_03coccinelles à sept points
coccinelle_a_sept_points_04Coccinella septempunctata Les larves de coccinelle à sept points, grandes prédatrices de pucerons, sont plutôt grises avec des formes arrondies là où les coccinelles asiatiques ont des larves noires hérissées de petits picots. Pour passer l’hiver en diapause (activité métabolique réduite), Coccinella septempunctata se trouve des abris variés mais c’est la coccinelle asiatique qui vient en nombre se réfugier, et souvent mourir, dans les maisons et appartements. coccinelle_a_sept_points_02coccinelles à sept points
coleo_indet_echellepetits coléoptères dans une fleur de benoîte coleos_indet_retrait1 l’instant du retrait Les petits coléoptères de cette dernière série de prises de vue semblent avoir une prédilection pour les benoîtes communes. C’est dans des fleurs de cette plante qu’a lieu cet accouplement. Le doigt du photographe permet d’imaginer la taille de ces insectes. Petits et sans caractéristique particulière, leur détermination est délicate. L’image de droite montre la fin de la copulation au moment où le mâle se retire de la femelle. On y voit le dard, pointu et plutôt impressionnant, du mâle et une structure translucide souple de nature indéterminée émergeant de l’abdomen de la femelle.

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